jeudi 12 mars 2015

nouvel extrait de "Ton Absence"

Les gens de peu

Les gens de peu quittent la terre
en s'excusant d'être venus,
Alexis, Marc ou bien Jean Pierre,
disparus sans être venus.

Les gens de peu s'en vont mourir
sans un regret au fond des yeux
dans leur frontière à souvenirs
qui s'évanouit dans le ciel bleu.

Ils ont vécu en harmonie
tranquilles au fond de leur terroir,
travaillant dur pour que leur vie
se regarde dans un miroir.

Ils ont aimé femme et enfants,
personne n'a manqué de rien,
ni l'argent, ni l'enseignement,
Ils voulaient juste que que ce soit bien.

Les gens de peu quittent la terre
ils ne laissent pas de trace
comme les vagues sur la mer,
un peu d'écume qui s'efface.

Les gens de peu s'en vont mourir,
l'humilité au fond des yeux,
Ils se savent sans avenir
au moment de fermer les yeux.

Ils laissent au cœur de ceux qu'ils aiment
leur regard bon, leur regard-fleur
et ce sourire que l'on aime


à préserver dans notre coeur .

Extrait de "ton absence"
H-g. Amiot
Mars 2015

lundi 9 mars 2015

"Ton Absence"


Je me suis réveillé ce matin avec "l'écharpe" de Maurice Fanon
c'est aussi celle que je porte à mon cou
celle qu'elle portait pour se protéger des brumes et du froid
je vous livre la version de Felix Leclerc

https://www.youtube.com/watch?v=qW6q_k09M1c

dimanche 8 mars 2015

Extrait du recueil en préparation "Ton Absence"



Les oiseaux de l'hiver sont nés dès l'annonce de la maladie de Chantal
ce texte date du mois de Novembre


Les oiseaux de l’hiver


Les oiseaux de l’hiver descendent des nuages
j’ai froid,
j’ai perdu mon regard dedans la cheminée
tu es là,

Ton regard dans le mien, image contre image
Ma douleur dans la tienne, ma douce aimée
ton souffle s’accroche au mien pourtant , pourtant
je suis si faible, tellement impuissant.

Les oiseaux de l’hiver assombrissent le ciel
j’ai froid,
je te chauffe les mains dans le coeur du foyer
tu es là,

Mon amour malade, ma si douce, ma si belle
je te donne mes bras, et mon regard brisé
cette larme brûlante, sillon sur ton visage
qui se mélange au mien et creuse nos images.

Les oiseaux de l’hiver se posent sur le toit
j’ai froid,
ton regard se repose dedans la cheminée
je suis là.


HG Amiot
Ton Absence
© Ton Absence 2015
Extrait du recueil en préparation: Ton Absence 




J'ai écrit tous ces textes au long de la maladie de Chantal





Le tropique du cancer


Je n'irai pas voir les oiseaux, ils sont partis
Les goélands, je reste face à la mer 
Dans les embruns s'écument des rouleaux de vie
Et les oiseaux t'emportent au tropique du Cancer.

Mon amour, tu t'en vas, mon amour tu reviens,
Les vagues, sur le sable, ont dessiné les rides
qui se portent à mon front, un voilier se retient
de brûler l'horizon, trou béant vers le vide

Sous la plage mouvante, le sable s'amollit,
Tes lèvres se posent où se posent les miennes
Je tiens encore ta main qui s’accroche à la vie .

Je regarde aux nuages un vol d'oiseaux, et puis
le soleil qui se couche, l'horizon sur la mer
repousse à l'infini les tropiques du cancer. 



HG Amiot
extrait de "Ton absence"
Mars 2015




vendredi 22 août 2014

Le Mont Ventoux

Le Ventoux

Départ de Sault, pour des raisons de proximité de mon lieu de résidence et aussi parce que ce départ a la réputation d’être le plus « facile » bien qu’étant le plus long.
De Sault au sommet du Ventoux 26 Kms , 20 kms de pente douce avant l’arrivée au Chalet Reynard et la montée finale de 6 kms pente, moyenne de 7%.

Il fait froid ce matin, 14 ° au départ, le vent s’est levé dans la nuit, ce vent de Provence, qui rafraîchit l’atmosphère, qui s’engouffre dans le vallées, qui fait le ciel bleu, qui arrache des feuilles aux arbres, Je le sens déjà et je sais que je vais lutter jusqu’au sommet et qu’il sera de plus en plus puissant sur cette montée finale ou plus rien ne l’arrête.


À l’abri de la forêt la route s’élève dès le départ entre 4 et 5 % d’une pente régulière qui dure pendant les 12 premiers Kilomètres, le revêtement rend bien sous les roues, mon allure est régulière. Je m’arrête pour un petit ravitaillement alors que la route devient plus facile, le pourcentage s’est abaissé, le vent devient plus fort, je suis à mi parcours, des cyclos passent, des femmes, des enfants, des familles avec les petits dans les remorques. Certains accompagnateurs font les photos du papa dans l’effort. Je reprends ma route, le Chalet Reynard est annoncé à 1 Kilomètre, la route s’élève de nouveau.

Sommet à 6 KM je viens de voir la pancarte, celle qui est sur le coté à mi hauteur avec le petit cycliste debout sur les pédales et l’indication du pourcentage : 7 de pente moyenne, et le vent que je prends en plein visage, il fait 11°.
Sur le parking les voitures de ceux qui attendent, de ceux qui sont déjà redescendus, de ceux aussi qui partent du Chalet, j’hésite à m’arrêter mais je continue, une barre de céréales avant la grosse montée en roulant, ne pas se refroidir.

Sur le coté droit de la route nous roulons les uns derrière les autres mais chacun à son allure, un chapelet de vélos et cette pente qui déjà impressionne, le style est encore fluide, quelques touffes d’herbe surgissent des cailloux, je passe quelques vélos déjà en souffrance.

Sommet 4 Kms, altitude 1498 m je vois le sommet où s’accrochent quelques nuages, très vite chassés par le vent qui forcit encore ou bien est-ce mes jambes qui fléchissent un peu, un jeune cyclo me passe debout sur les pédales, il a un maillot Festina et les jambes bronzées, rasées de frais.

Sommet 3 Kms, 1580 m, je suis dans le dur, 7,5 %, le vent me pousse vers la paroi, il n’y a plus que des cailloux, les vélos progressent en effectuant des zig-zags le long des bandes blanches, le soleil et le vent brûlent la peau , il me reste une couronne à l’arrière. 
Je passe une femme, grande et élégante dans don maillot de l’Ardéchoise, elle progresse les mains bien posées en haut du guidon, nous échangeons un sourire.

Sommet 2 Kilomètres. La caillasse, le sommet là haut, à droite un peu plus haut la stèle de Tom Simpson, un cyclo qui fait des photos et des bidons posés sur le socle, 1650 m d’altitude, le pourcentage s’élève encore, les nuages au sommet roulent de plus en plus vite, le cyclo Festina monte à pied, ma vitesse est descendue en dessous des 10 kms /h, je regarde de plus en plus souvent les bandes blanches sur la route.

Sommet 1km 1733 m pente moyenne 8% m’indique le petit bonhomme sur le panneau, un photographe essaie d’attraper mon sourire, je suis au bout de l’effort, moins de 7 km/h au compteur, la femme au maillot de l’Ardéchoise passe auprès de moi. Je ne regarde plus que les bandes, encore une, encore une, je rentre dans le nuage à 300 m, debout sur les pédales, je n’ai plus de couronne à l’arrière, arracher le dernier virage et les derniers mètres à plus de 10 %.
 
2h 30 de montée pour un si grand bonheur à 1912 mètres d’altitude

Ça y est, le vent me plaque contre le muret, il fait 8°, le coupe vent vite ! une photo, redescendre tout de suite, croiser ceux qui n’en ont pas fini, admirer le paysage lunaire, magnifique, grandiose, croiser des enfants, des femmes, des hommes qui n’en n’ont pas fini.
Il reste la descente à faire, trop froide mais si belle et le village de Sault qui vit sa vie de village de montagne. Fin du voyage .